‘‘Léon XIV a fustigé les acteurs de la violence’’
Par Sofiane Lorofolo Amine
Bamenda, 16 avril 2026 – En visite dans le nord-ouest du Cameroun, en proie à un conflit armé depuis une décennie, le pape Léon XIV a lancé jeudi un appel appuyé à la paix, dénonçant « une spirale de déstabilisation et de mort » dans les régions anglophones.
Arrivé à Bamenda, chef-lieu de cette zone marquée par les affrontements entre forces gouvernementales et séparatistes, le souverain pontife a été accueilli par une foule nombreuse à la cathédrale Saint-Joseph.
Un message interreligieux pour la paix
Lors d’une rencontre réunissant responsables catholiques, protestants, évangéliques, musulmans et chefs traditionnels, le pape a insisté sur la responsabilité collective dans la recherche de la paix.
« Heureux les artisans de paix. Malheur à ceux qui détournent les religions », a-t-il déclaré, dans une allusion aux violences et aux manipulations religieuses dans la région, notamment liées à des groupes armés.
Une dénonciation des violences persistantes
Évoquant le conflit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, Léon XIV a fustigé les acteurs de la violence, estimant que « les seigneurs de la guerre » alimentent les souffrances des populations.
Cette crise, qui dure depuis près de dix ans, a fait des milliers de morts et provoqué des déplacements massifs de populations.
Une étape hautement symbolique
Le pape doit également présider une messe en plein air à l’aéroport de Bamenda, un site chargé de symboles, autrefois théâtre d’attaques attribuées aux séparatistes et longtemps resté fermé.
Cette visite s’inscrit dans une tournée africaine qui l’a déjà conduit en Algérie et doit se poursuivre en Angola puis en Guinée équatoriale.
Un appel à la responsabilité
La veille, à Yaoundé, le souverain pontife avait déjà exhorté les autorités à lutter contre la corruption et appelé à un « examen de conscience ».
Au Cameroun, dirigé depuis plus de quatre décennies par Paul Biya, la visite du pape intervient dans un contexte sécuritaire et politique sensible, où les appels à la paix se multiplient sans parvenir, pour l’heure, à mettre fin aux violences