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Burkina Faso | Politique

Le Parlement de la transition entérine la dissolution des partis politiques

Burkina Faso | Politique
‘‘Les formations politiques cessent juridiquement d’exister au Burkina Faso’’

Par Dahn Habib Sénamblé avec Rfi

Ouagadougou, le 9 février — Le Parlement de la transition burkinabè a adopté à l’unanimité, lundi, un projet de loi actant la dissolution des partis politiques, dont les activités étaient déjà suspendues depuis septembre 2022, a-t-on appris de source officielle.

Le texte, présenté par le gouvernement, vise selon les autorités à engager une « refondation » et une « profonde réorganisation de la vie politique nationale », dans un pays dirigé par un régime militaire depuis le coup d’État de septembre 2022.

Abrogation des textes fondateurs de la vie politique

L’adoption de cette loi entraîne l’abrogation de plusieurs textes majeurs, notamment la charte des partis politiques ainsi que la loi relative au financement des partis, des campagnes électorales et au statut de l’opposition politique.

Avec cette décision, les formations politiques cessent juridiquement d’exister au Burkina Faso, mettant fin au cadre légal qui régissait jusqu’alors leur création, leur fonctionnement et leur financement.

Le gouvernement invoque une refondation

Pour le ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, le système partisan est tenu pour responsable des divisions au sein de la société burkinabè.

« Le système partisan a contribué à fragmenter la population. Il s’agit aujourd’hui de le remettre entièrement à plat afin de reconstruire une vie politique adaptée aux réalités du pays », a-t-il déclaré devant les parlementaires.

Les autorités de transition estiment que cette réforme est nécessaire pour accompagner le processus de transformation politique engagé depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré.

Des critiques sur un recul démocratique

Cette décision suscite toutefois de vives inquiétudes parmi certains observateurs. Un analyste politique, interrogé par l’AFP, y voit au contraire un « recul démocratique majeur », rappelant que le Burkina Faso avait renoué avec le pluralisme politique et le débat public à la suite du mouvement populaire de 2014.

« Ce texte marque la fin de tout espoir pour la démocratie », estime-t-il, déplorant la disparition de toute expression politique organisée et l’absence de contre-pouvoirs institutionnels.

Selon lui, depuis la prise de pouvoir du régime militaire, les activités de plusieurs organisations de la société civile ont été suspendues et les voix critiques réduites au silence.

Un climat politique sous tension

L’analyste souligne également que des personnes ayant publiquement critiqué les autorités de transition ont été interpellées puis envoyées au front dans le cadre de la lutte contre les groupes armés, dans un contexte sécuritaire toujours marqué par les attaques jihadistes.

Les autorités burkinabè n’ont pas réagi à ces accusations, affirmant de leur côté que les mesures prises s’inscrivent dans un effort global de sécurisation du territoire et de refondation de l’État.


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