‘‘Tiémoko Meyliet Koné a présenté le rapport du Président Alassane Ouattara, champion du suivi dudit agenda’’
Par Dahn Habib Sénamblé avec Rfi
Addis-Abeba (Ethiopie), le 14 février 2026 – Le vice-président ivoirien, Tiémoko Meyliet Koné, a présenté dimanche devant les chefs d’État et de gouvernement réunis à Addis-Abeba le rapport du président Alassane Ouattara, désigné champion du suivi de la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA).
Cette intervention est intervenue au deuxième jour de la 39e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’UA.
Des progrès « concrets » mais en deçà des ambitions
Le rapport dresse le bilan des deux premières années d’exécution du deuxième Plan décennal de l’Agenda 2063, feuille de route stratégique adoptée en 2013 pour transformer structurellement le continent à l’horizon 2063.
Selon le vice-président ivoirien, des avancées notables ont été enregistrées entre 2023 et 2025. L’accès à l’électricité est passé de 61,8 % à 69 % sur le continent, tandis que l’accès à l’eau potable a progressé de 61,5 % à 68 %. La proportion de la population vivant sous le seuil de pauvreté a reculé de 41 % à 32 % sur la période, traduisant, selon lui, « des améliorations concrètes dans la vie quotidienne de millions d’Africains ».
Des progrès ont également été relevés dans l’intégration économique, avec le développement du réseau ferroviaire intégré, l’accélération de la transformation numérique et la poursuite de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Mais ces résultats demeurent « insuffisants » au regard des objectifs fixés, a-t-il averti. Le taux de croissance du continent s’est établi à 5,5 % en 2025, en dessous des 7,5 % jugés nécessaires pour soutenir durablement l’industrialisation et la création massive d’emplois. Le PIB par habitant atteint 1 968 dollars, contre une cible continentale de 2 176 dollars.
Le rapport souligne également la persistance de défis majeurs en matière de souveraineté alimentaire, de nutrition et d’accès universel aux services sociaux de base, notamment la santé et l’éducation.
Des obstacles structurels
Le vice-président ivoirien a attribué la lenteur observée dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 à plusieurs contraintes structurelles : faible appropriation par certains États, difficultés de financement, insuffisances des systèmes statistiques et manque d’harmonisation des cadres réglementaires et institutionnels entre les régions.
Pour accélérer le rythme, le rapport recommande l’intégration pleine et entière de l’Agenda 2063 dans les politiques publiques nationales, un renforcement de la coordination institutionnelle et une meilleure insertion du programme dans les partenariats stratégiques. Il appelle également à accélérer la mise en œuvre des projets phares considérés comme des catalyseurs de transformation à grande échelle.
Au nom du président Alassane Ouattara, Tiémoko Meyliet Koné a invité les États membres à maintenir leur engagement collectif pour renforcer l’intégration continentale, consolider la transformation économique et améliorer durablement les conditions de vie des populations.
En marge du sommet, le vice-président ivoirien s’est entretenu avec le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed.