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Côte d’Ivoire | Bonne gouvernance

Epiphane Zoro met en avant ses résultats dans la lutte contre la corruption : 11 000 appels, 451 saisines…

Côte d’Ivoire | Bonne gouvernance
‘‘La corruption coûte jusqu’à 1 400 milliards FCFA par an à la Côte d’Ivoire, le président de la HABG’’

Par Dahn Habib Sénamblé

Abidjan, 4 juin 2026 – Le président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, Épiphane Zoro Bi Ballo, a défendu jeudi les progrès enregistrés par la Côte d’Ivoire en matière de transparence et de lutte contre la corruption, tout en reconnaissant l’ampleur persistante du phénomène dans le pays.

Invité des “Grands Rendez-vous” de l’Agence Ivoirienne de Presse, en présence du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly, le président de la HABG s’est exprimé autour du thème : « Bonne gouvernance et lutte contre la corruption : quels leviers pour renforcer la confiance des citoyens et investisseurs en Côte d’Ivoire ? »

Une amélioration des indicateurs de gouvernance

Au cours de cette rencontre avec la presse, Épiphane Zoro Bi Ballo a mis en avant les réformes engagées depuis plusieurs années par les autorités ivoiriennes pour renforcer la gouvernance publique et améliorer la transparence administrative.

« Depuis 2013, d’importants efforts ont été réalisés pour renforcer la gouvernance publique, améliorer la transparence et consolider la confiance des partenaires nationaux et internationaux », a-t-il déclaré.

Selon lui, la Côte d’Ivoire est passée de la 136e à la 76e place mondiale dans les classements internationaux liés à la perception de la corruption, soit un gain d’environ soixante places.

Une progression que le président de la HABG attribue au renforcement des mécanismes de prévention, de contrôle et de répression des actes de corruption.

Un coût économique évalué à près de 4 % du PIB

Malgré ces avancées, le responsable ivoirien a reconnu que la corruption continue d’avoir un impact significatif sur l’économie nationale.

Selon les chiffres présentés lors de cette rencontre, les pertes indirectes liées à la corruption représenteraient chaque année entre 1 300 et 1 400 milliards de francs CFA, soit près de 4 % du produit intérieur brut du pays.

« Beaucoup a été fait, mais beaucoup reste encore à faire. La lutte contre la corruption est un combat permanent qui exige la mobilisation de tous les acteurs de la société », a insisté Épiphane Zoro Bi Ballo.

Des cas de répression évoqués publiquement

Le président de la HABG a également détaillé plusieurs actions menées récemment par son institution contre des agents publics impliqués dans des pratiques de corruption.

Selon lui, des interventions ont conduit à l’interpellation d’agents opérant notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et du foncier.

L’institution affirme vouloir renforcer simultanément les mécanismes de prévention et les dispositifs répressifs afin de restaurer la confiance des citoyens et des investisseurs.

Déclarations de patrimoine et mobilisation citoyenne

Parmi les résultats présentés, la HABG indique avoir enregistré en 2025 un taux de conformité supérieur à 90 % dans le cadre des déclarations de patrimoine.

Au total, 9 844 déclarations ont été reçues sur 10 858 attendues.

L’institution a également fait état de 451 saisines enregistrées sur la plateforme citoyenne SIGNALIS, ainsi que de plus de 11 000 appels traités par son centre de contact.

Pour Épiphane Zoro Bi Ballo, la lutte contre la corruption ne peut se limiter à l’action des institutions publiques.

« La bonne gouvernance se construit avec les citoyens. Elle repose sur une culture de l’intégrité, de la responsabilité et du respect de l’intérêt général », a-t-il affirmé.

Des réformes annoncées

Le président de la HABG a enfin présenté plusieurs projets en cours, parmi lesquels la digitalisation du système de déclaration de patrimoine, la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption 2024-2028, l’élaboration d’un Indice national de gouvernance et la réalisation prochaine d’une enquête nationale sur la mesure de la corruption.

Pour les autorités ivoiriennes, ces réformes doivent permettre d’améliorer davantage l’attractivité économique du pays dans un contexte de concurrence accrue entre économies africaines pour attirer les investissements.

« Parce qu’une nation se bâtit sur la confiance », a conclu Épiphane Zoro Bi Ballo devant les participants à cette rencontre.

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