Lire, se lire et être lu....

Côte d’Ivoire–Sahel | Echanges commerciaux

La fin du visa douanier, un tournant pour le commerce régional

Côte d’Ivoire–Sahel | Echanges commerciaux
‘‘Cette mesure met fin à une formalité jugée lourde et chronophage’’

Par Sofiane Lorofolo Amine

Abidjan, le 17 avril 2026 – La suppression du visa douanier entre la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Mali, entrée en vigueur le 11 avril 2026, marque une étape majeure dans la facilitation des échanges en Afrique de l’Ouest, suscitant de fortes attentes chez les acteurs économiques.

Une barrière administrative levée

Considérée par certains experts comme la chute d’un « mur administratif », cette mesure met fin à une formalité jugée lourde et chronophage pour les transporteurs reliant le port d’Abidjan aux pays de l’hinterland.

Aux postes frontaliers de Laléraba (vers le Burkina Faso) et de Pogo (vers le Mali), les chauffeurs devraient désormais gagner un temps précieux grâce à la simplification des procédures et à la dématérialisation des documents douaniers.

Selon les professionnels du secteur, les délais de transit, qui pouvaient atteindre une à deux semaines, devraient être réduits de 24 à 48 heures.

Baisse attendue des coûts logistiques

Pour les transporteurs, cette réforme devrait également se traduire par une réduction significative des coûts.

Frais de stationnement, retards, formalités administratives répétitives et paiements informels aux barrages routiers pourraient diminuer, contribuant à rendre les échanges plus fluides et moins coûteux.

« Cela va baisser le coût du transport et, à terme, celui des produits », expliquent des acteurs du secteur, qui y voient un levier direct d’amélioration du pouvoir d’achat dans la région.

Vers une intégration économique renforcée

Au-delà des gains logistiques, la suppression du visa douanier est perçue comme un signal fort en faveur de l’intégration régionale.

Elle traduit un changement de paradigme : le passage d’un système basé sur la méfiance et les contrôles physiques à une logique de confiance et de partage des données entre administrations douanières.

Cette évolution pourrait faciliter davantage les échanges entre la « locomotive » ivoirienne et les économies enclavées du Sahel, fortement dépendantes des importations via le port d’Abidjan.

Des échanges déjà dynamiques

Les relations commerciales entre la Côte d’Ivoire et ses voisins sahéliens sont déjà soutenues.

Avec près de 8 % des exportations ivoiriennes en 2024, soit environ 1,5 milliard de dollars, le Mali s’impose comme l’un des principaux partenaires commerciaux d’Abidjan, notamment pour les produits pétroliers.

Les échanges avec le Burkina Faso restent également importants, bien que déséquilibrés en faveur de la Côte d’Ivoire, avec environ 800 millions de dollars d’exportations contre 170 millions d’importations. Les flux concernent principalement les produits pétroliers, le tabac et l’huile de palme, tandis que Ouagadougou exporte du coton brut et des produits agricoles.

Entre opportunités et défis

Si la réforme est largement saluée, certains observateurs soulignent qu’elle devra s’accompagner d’une mise en œuvre effective sur le terrain, notamment en matière de digitalisation, de coordination entre administrations et de lutte contre les pratiques informelles.

Pour les autorités ivoiriennes, cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la compétitivité économique du pays et à consolider son rôle de hub logistique en Afrique de l’Ouest.

À terme, la suppression du visa douanier pourrait ainsi redessiner les flux commerciaux dans la région, à condition que les promesses de simplification se traduisent concrètement aux frontières.

Partager cet article

Slogan : Lire, se lire et être lu....

© www.infos-plurielles.net. Tous droits réservés.