‘‘Le président Zoro Bi Ballo Épiphane salue des avancées malgré des défis persistants et fixé les priorités pour l’année 2026’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Abidjan, 5 mars 2026 – La lutte contre la corruption en Côte d’Ivoire a enregistré des progrès en 2025, mais des défis persistent, notamment au niveau des collectivités territoriales, a indiqué jeudi le président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG), Zoro Bi Ballo Épiphane.
S’exprimant le 5 mars lors d’un point de presse au siège de l’institution à Cocody, à Abidjan, le président a présenté le bilan des activités de la HABG pour l’année 2025 ainsi que les priorités fixées pour 2026.
Selon lui, les actions engagées par l’institution ont permis d’enregistrer des résultats « significatifs » dans la promotion de la transparence et la prévention de l’enrichissement illicite, tout en appelant à une mobilisation accrue des acteurs publics et des citoyens.
Un taux élevé de déclarations de patrimoine
La déclaration de patrimoine, considérée comme un instrument central de prévention de la corruption, affiche un taux de conformité de 90,66 %.
Au total, 9 844 déclarations ont été enregistrées sur 10 858 attendues, a précisé la HABG.
Dans le détail, le taux de déclaration atteint 99,15 % chez les membres du gouvernement et assimilés, et 97,54 % chez les hauts responsables de l’administration.
En revanche, les collectivités territoriales accusent un retard notable. Le taux de déclaration est de 59,39 % chez les maires et leurs adjoints, selon les données présentées.
Afin de faire respecter la loi, l’institution a adressé 237 notifications aux assujettis défaillants et transmis 27 dossiers au Pôle pénal économique et financier.
La HABG a par ailleurs lancé le contrôle effectif des déclarations de patrimoine, avec une phase pilote portant sur 91 déclarations concernant 44 personnalités publiques.
La plateforme SignalIS en progression
La plateforme sécurisée de dénonciation SignalIS, destinée à permettre aux citoyens de signaler des faits présumés de corruption, a également enregistré une activité en hausse.
En 2025, 451 dénonciations ont été recensées, dont 67 % impliquant des agents publics.
Ces signalements ont conduit à 40 procès-verbaux d’enquête transmis au parquet et à 37 interpellations pour des faits de corruption, selon la HABG.
Pour le président de l’institution, cet outil contribue à renforcer la participation citoyenne dans la lutte contre la corruption tout en garantissant l’anonymat et la protection des lanceurs d’alerte.
Des défis persistants
Malgré ces avancées, la perception de la corruption reste un défi pour la Côte d’Ivoire.
D’après l’indice de perception de la corruption publié par Transparency International, le pays se classe 76ᵉ sur 182 États, avec un score de 43 sur 100.
Pour améliorer ces résultats, la HABG prévoit d’intensifier ses actions en 2026, notamment à travers la digitalisation des déclarations de patrimoine, le renforcement des mécanismes de contrôle et la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption.
« La lutte contre la corruption est un combat collectif qui exige l’engagement de tous », a déclaré Zoro Bi Ballo Épiphane.