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Côte d’Ivoire | PNIA III et développement agricole

Bruno Nabagné Koné : “L’heure est venue pour une agriculture ivoirienne plus compétitive et digitalisée”

Côte d’Ivoire | PNIA III et développement agricole
‘‘Le ministre dévoile les ambitions du PNIA III après une année agricole record, avec plus de 37 millions de tonnes produites’’

Par Sofiane Lorofolo Amine

Yamoussoukro (Centre ivoirien), 6 juin 2026 – La Côte d’Ivoire veut accélérer la modernisation de son agriculture et préparer une nouvelle phase de transformation du secteur, pilier de son économie.

Réuni jeudi à Yamoussoukro, dans la capitale politique ivoirienne, à l’occasion de l’atelier bilan du secteur agricole 2025, le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a salué les performances enregistrées l’an dernier tout en appelant à une agriculture davantage tournée vers la valeur ajoutée, l’innovation et la transformation locale.

La rencontre, organisée en présence du ministre délégué Bernard Kini Komoé, marque également le lancement des réflexions autour du troisième Programme national d’investissement agricole (PNIA III), intégré au futur Plan national de développement 2026-2030.

Une hausse des productions agricoles

Selon les données présentées lors de l’atelier, la production des cultures d’exportation a atteint plus de 11,2 millions de tonnes en 2025, soit une progression de plus de 916 000 tonnes par rapport à 2024.

La dynamique concerne également les cultures vivrières, avec une production estimée à 25,8 millions de tonnes contre 23,6 millions l’année précédente, représentant une hausse de 9 %.

Pour le gouvernement ivoirien, ces résultats traduisent les effets des politiques de modernisation engagées dans le cadre du deuxième Programme national d’investissement agricole (PNIA II).

« Les acquis du PNIA II ont permis de renforcer la résilience du secteur agricole et d’améliorer les conditions de vie des populations rurales », a affirmé le ministre Bruno Nabagné Koné.

Transformation locale et compétitivité

Les autorités ivoiriennes veulent désormais franchir une nouvelle étape en développant davantage la transformation locale des produits agricoles.

Le directeur général de la Planification, des statistiques et des projets, Kokora Dibi, a rappelé que l’agriculture représente environ 17 % du produit intérieur brut ivoirien, 40 % des exportations nationales et près de 40 % de l’emploi.

La Côte d’Ivoire conserve par ailleurs sa position de leader mondial dans plusieurs filières stratégiques, notamment le cacao, l’anacarde et l’hévéa.

Selon les chiffres officiels, les taux de transformation locale progressent également, atteignant 41 % pour le cacao et 43 % pour le cajou.

Cap sur le PNIA III

Face aux enjeux de sécurité alimentaire, de compétitivité et de changement climatique, le gouvernement entend désormais orienter le futur PNIA III vers une agriculture plus technologique et créatrice de valeur.

Le ministre de l’Agriculture a ainsi appelé les différents acteurs du secteur à accélérer la digitalisation, l’innovation et la modernisation des chaînes de production.

Cette stratégie s’inscrit dans la volonté des autorités de faire de l’agriculture un moteur central de la transformation structurelle de l’économie ivoirienne, tout en renforçant les revenus des producteurs et l’industrialisation locale.

Dans un contexte régional marqué par les tensions sur les marchés alimentaires et les défis climatiques, Abidjan cherche ainsi à consolider sa place de puissance agricole majeure en Afrique de l’Ouest.

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