‘‘Le Parlement de la CEDEAO trace sa feuille de route 2026 sous le signe de l’action et de l’intégration économique’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Abuja, 28 février 2026 – Le Parlement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a ouvert depuis le 20 février, puis clôturé, à Abuja, sa première session extraordinaire de l’année 2026, placée sous le signe de l’intégration régionale, de la démocratie et de la sécurité, avec un accent particulier sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Dans son discours d’ouverture, la présidente du Parlement, Hadja Mémounatou Ibrahima, a appelé les députés ouest-africains à faire de 2026 « l’année de l’action concrète » au service des quelque 400 millions de citoyens de la région.
« Que nos travaux soient à la hauteur des attentes de nos concitoyens dont nous portons la voix et les aspirations légitimes à la paix, à la sécurité et au progrès partagé », a-t-elle déclaré.
Elle a salué l’hospitalité du Nigeria et remercié le président Bola Ahmed Tinubu pour son soutien constant aux activités de l’institution communautaire.
La ZLECAf, levier de transformation structurelle
Au cœur du séminaire parlementaire organisé en amont de la session figurait le thème : « Approfondir l’intégration régionale à travers la ZLECAf : opportunités et défis pour l’expansion du commerce intracommunautaire ».
La présidente du Parlement a estimé que la Zone de libre-échange continentale africaine constitue « une opportunité historique » pour transformer structurellement les économies ouest-africaines, encore largement dépendantes des exportations de matières premières non transformées.
Si la CEDEAO peut se prévaloir d’une croissance moyenne d’environ 5 % sur la dernière décennie et d’instruments comme le tarif extérieur commun ou le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), le commerce intrarégional demeure inférieur à 10 % des échanges totaux.
« La ZLECAf ne se décrète pas : elle se construit, pas à pas », a-t-elle averti, soulignant la persistance des barrières non tarifaires, les retards dans l’harmonisation juridique et les insuffisances infrastructurelles.
Démocratie et sécurité : des priorités affichées
Au-delà des enjeux économiques, les travaux ont mis en avant la consolidation de la démocratie et de l’État de droit dans une région marquée ces dernières années par des transitions politiques et des crises institutionnelles.
La présidente du Parlement a salué la levée des sanctions contre la Guinée à la suite de l’élection présidentielle de décembre 2025 et adressé ses félicitations au président Mamadi Doumbouya.
Elle a également appelé à des élections « pacifiques, transparentes et inclusives » dans les pays concernés par des scrutins à venir, tout en plaidant pour le dialogue en Guinée-Bissau.
Sur le plan sécuritaire, elle a exhorté à une coopération renforcée face au terrorisme et à la criminalité transfrontalière, estimant que « la solidarité sécuritaire n’est pas une option, mais une obligation ».
Un Parlement « orienté vers le citoyen »
À l’issue des travaux, les députés ont adopté le programme d’activités 2026 du Parlement, structuré autour de quatre priorités : participation citoyenne, renforcement institutionnel, paix et gouvernance, et facilitation de l’intégration.
Le programme 2026 de l’Association des femmes parlementaires de la CEDEAO (ECOFEPA) a également été validé, dans la continuité du quota de 30 % de femmes dans les délégations parlementaires.
En clôturant la session, Hadja Mémounatou Ibrahima a appelé les élus à transformer les débats en « réformes courageuses » et en « politiques publiques plus inclusives ».
« Notre unité et notre intégration sont plus que jamais des boucliers et des remparts », a-t-elle déclaré, avant de lever la séance.
La session d’Abuja marque ainsi le coup d’envoi d’une année que le Parlement ouest-africain veut placer sous le signe d’une intégration « plus sobre, plus efficace et plus proche des réalités des peuples ».