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Politique

Présidentielle 2025| Face au Patronat ivoirien

Patrick Achi vend la vision d’un Ouattara bâtisseur

Présidentielle 2025| Face au Patronat ivoirien

Le décor est soigné, les mots choisis, le ton posé. Devant un parterre d’industriels, de banquiers et de chefs d’entreprise réunis dans l’amphithéâtre lumineux de la CGECI, Patrick Achi endosse, le mercredi 22 octobre 2025, le rôle de VRP en chef du président-candidat Alassane Ouattara. À trois jours de la clôture officielle de la campagne présidentielle, l’ancien Premier ministre, désormais directeur national de campagne chargé du projet de société du RHDP, vient livrer la vision économique d’un chef d’État en quête d’un autre mandat.

Un plaidoyer pour la stabilité et la croissance

D’entrée de jeu, Achi pose le cadre : « Les fondations de tout développement sont la paix, la sécurité et la bonne gouvernance. » Le ton est donné. Pour l’homme, technocrate rigoureux et ancien planificateur du PND (Plan national de développement), la stabilité politique demeure la première condition de la prospérité économique.

Sous sa voix calme, l’ambition se dessine : prolonger le “miracle ivoirien”, ces années de croissance à 7 % en moyenne, et hisser le pays au rang de première puissance économique d’Afrique de l’Ouest. « Nous sommes entrés dans un cercle vertueux de croissance et de développement. Cette croissance ne doit plus s’arrêter », martèle-t-il, saluant les “fondations solides” posées par Alassane Ouattara.

Six leviers pour une Côte d’Ivoire 2030

Devant un auditoire attentif, Patrick Achi déroule le programme présidentiel en six axes : la consolidation de la paix, le renforcement du capital humain, les infrastructures structurantes, l’agriculture moderne, l’industrialisation et la bonne gouvernance. Chaque mot est pesé, chaque promesse arrimée à une réalité économique : 3,5 millions d’emplois à créer d’ici cinq ans, une agriculture connectée, des PME locales compétitives.

L’ancien Premier ministre, à l’aise dans l’exercice, glisse des formules inspirées d’un manuel de leadership : « La Côte d’Ivoire veut affirmer sa volonté politique d’être l’économie la plus forte de l’Afrique de l’Ouest. Donc, on a besoin de vous. »

Un discours calibré pour séduire les décideurs

Face au patronat, Patrick Achi parle leur langage. Celui de la confiance, du partenariat public-privé et du réalisme économique. « Il n’y a pas de solutions sans le secteur privé. C’est vous qui avez les cartes, c’est vous les maîtres du jeu », répète-t-il, tout sourire, dans une salle où les applaudissements ponctuent ses phrases.

Le message est clair : le RHDP veut rassurer le monde des affaires sur la continuité des politiques économiques, au moment où les tensions politiques et sociales entourent la candidature d’Alassane Ouattara.

Réalisme politique et pique subtile

Mais Achi ne résiste pas à l’envie de décocher une flèche aux adversaires du président sortant : « Certains sont dans des débats idéologiques que je ne comprends pas. Que le chat soit blanc ou noir, l’essentiel est qu’il attrape des souris. Le président Alassane Ouattara n’est pas dans ce débat : il est dans celui du bonheur des Ivoiriens. » Une formule qui arrache des sourires, tout en plantant le décor d’un pragmatisme assumé, loin des discours souverainistes et populistes.

Sur la question sensible de la corruption, Patrick Achi joue la carte de la nuance. « Je ne voudrais pas qu’on donne le sentiment que la Côte d’Ivoire est le centre de la corruption. Pour une fois, regardez le verre à moitié plein », glisse-t-il, conscient des critiques qui accompagnent la fin de mandat du président Ouattara.

En conclusion, le directeur de campagne rassure ses interlocuteurs : le président-candidat a « de fortes ambitions pour le secteur privé » et compte faire de ce partenariat le moteur du développement de la décennie à venir.

Dans cette rencontre feutrée entre le pouvoir et le capital, Patrick Achi s’impose une nouvelle fois comme le visage économique du RHDP, alliant rhétorique maîtrisée et séduction stratégique.

Entre chiffres, confiance et promesses, le technocrate s’est mué, le temps d’un soir, en conteur de croissance, déterminé à convaincre que l’histoire ivoirienne, version Ouattara, n’a pas encore dit son dernier mot.

La Rédaction

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