‘‘Une vague de jeunes et d’indépendants dynamise les législatives en Côte d’Ivoire’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Abidjan, le 18 novembre 2025 — En Côte d’Ivoire, la Commission électorale indépendante (CEI) a officialisé ce mardi 18 novembre la liste des candidats retenus pour les élections législatives du 27 décembre 2025.
Sur les 1 162 dossiers déposés, 1 143 candidatures ont été validées. Un volume qui confirme l’intérêt croissant des Ivoiriens, et en particulier des jeunes, pour les enjeux politiques nationaux.
Le président de la CEI, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, a souligné le sérieux du travail de vérification opéré par l’institution. Mais ces chiffres traduisent surtout « l’implication grandissante d’une jeunesse longtemps jugée distante de la vie publique ».
Un scrutin ouvert, entre partis traditionnels et indépendants
Si les grandes formations politiques – RHDP, PDCI-RDA, MGC et plusieurs mouvements émergents – alignent leurs candidats, le phénomène marquant de cette édition est la montée des candidatures indépendantes.
Dans de nombreuses circonscriptions, de jeunes leaders locaux, parfois sans étiquette politique, tentent leur chance. Certains mettent en avant des engagements sociaux, d’autres des projets communautaires ou un rejet des pratiques anciennes jugées trop partisanes.
« Le 27 décembre pourrait confirmer un basculement : celui d’une génération qui veut désormais écrire sa propre histoire », estime un politologue abidjanais.
Des figures médiatiques entrent en scène
Autre particularité de ce scrutin : l’arrivée dans l’arène politique de plusieurs journalistes professionnels connus du public. Parmi eux : André Silvère Konan, chroniqueur et analyste politique, Guillaume Gbato, syndic directeur de médias, Lucien Ahoussi, reporter d’investigation.
Ces candidats affirment vouloir transformer leur expérience critique du débat public en action législative. « Passer du commentaire à la construction », disent-ils.
Une élection post-présidentielle très attendue
Ces législatives interviennent dans un contexte particulier : quelques semaines seulement après l’élection présidentielle. Elles devraient permettre de mesurer l’état du rapport de forces politique dans un paysage en recomposition et dans un pays où les jeunes – majoritaires dans la population – cherchent de plus en plus à influencer les décisions publiques.
Dans plusieurs localités, la bataille électorale s’annonce serrée, parfois inédite, avec des confrontations entre figures établies, nouvelles voix citoyennes et candidats issus de la société civile.
Autant d’éléments qui laissent présager un scrutin dynamique et hautement observé.